Présentation

Données de Guinée-Bissau

Introduction

La Guinée-Bissau, située sur la côte occidentale de l’Afrique, est bordée par le Sénégal (au nord), la Guinée (au sud et à l’est) et par l’Océan Atlantique (à l’ouest). L’archipel des Bijagós, constitué de plus de 80 iles, fait également partie de Guinée-Bissau. La nation intègre la Communauté des Pays de Langue Étrangère.

Le territoire qui aujourd’hui correspond à la République de Guinée-Bissau a été colonisé par des portugais en 1446. Les colonisateurs y ont installé plusieurs comptoirs pour le trafic d’esclaves avec la population locale. Ce n’est que le 24 septembre 1974 que la Guinée-Bissau a proclamé son indépendance, devenant ainsi la première colonie portugaise en Afrique à y être parvenue.

Étendue territoriale : 36 125 km2
Climat : équatorial

La population est de 1 610 746 habitants (797 910 hommes et 812 836 femmes)
La part de la population vivant en ville est de 29,87% contre 70,13% en zone rurale.
– L’espérance de vie à la naissance : 46 ans
– Densité démographique : 44,5 hab/hm2
– Taux moyen d’accroissement démographique : 2,2%
– La part des domiciles ayant accès à l’eau potable : 57%
– La part des domiciles ayant accès au système sanitaire : 33%
– Indice de Développement Humain (IDH) : 0,289
– Monnaie : Franc CFA
– Produit Intérieur Brut (PIB) : 430 millions de dollars
– PIB par habitant : 211 dollars
– Relations extérieures : Banque Mondiale, FMI, OMC, ONU, UA.

L’économie du pays est peu développée. L’agriculture, qui emploie plus de 80% de la main-d’oeuvre locale, repose principalement sur la production de noix de cajou (le pays est le sixième producteur mondial), de coton, de riz, d’ignames, de bananes, de mange et de canne-à-sucre. Cette activité économique occupe 12% de la surface de Guinée-Bissau.

La pêche est un autre atout important de l’économie nationale – le pays exporte des crevettes. De nombreuses réserves minérales à exploiter existent en Guinée-Bissau, notamment des réserves de phosphate, bauxite et pétrole.
Le pays présente pourtant de nombreux problèmes socioéconomiques avec un Indice de Développement Humain (IDH) classé en sixième position de la planète. La majorité de la population vit sous le seuil de la pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour ; l’espérance de vie est l’une des plus faibles du monde – 46 ans.

Religion

Croyances traditionnelles : 44,8%
Islam : 40,7%
Christianisme : 13,2% (catholiques 9,9% et autres 3,3%)
Sans religion et athéisme : 1,3%

Composition Ethnique

Population en fonction des ethnies, le graphique présente la répartition de la population de nationalité guinéenne selon son ethnie.
On observe à partir de ce graphique qu’une faible part de la population n’appartient à aucune ethnie (2,2%). Les Peuls sont l’ethnie la plus représentée dans le pays (28,5%), talonnée par les Balantes (22,5%) et les Mandingues (14,7%). Le peuple Papel représente 9,1% de la population contre 8,3% pour le peuple Manjaco. Les peuples Nalu, Saracolé et Sosso représentent moins de 1% de la population. Dans l’ensemble, les groupes ethniques sont les Balantes (30%), les Peuls (20%), Manjaques (14%), les Mandingues (13%), les Papels (7%) et autres (16%).

Langue et Culture

Les Peuls

Les Peuls ou les Foulani (en peul : Fulbe) sont un peuple ethnique représenté par plusieurs populations, établi en Afrique Occidentale, mais aussi en Afrique Centrale et au Nord de l’Afrique Soudanaise. Les pays africains dans lesquels ils se sont établis incluent la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, la Gambie, le Mali, le Nigéria, la Sierra Leone, le Bénin, le Burkina-Faso, la Guinée-Bissau, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Togo, la République Centrafricaine, le Gana, le Libéria, jusqu’au Soudan, à l’est. Les Peuls ne sont une population majoritaire dans aucun de ces pays, à l’exception de la Guinée.
Il s’agit traditionnellement d’un peuple nomade qui pratique le pastoralisme.

Les Balantes

Les Balantes (mot qui signifie littéralement « ils ont refusé ») forment un groupe ethnique présent en Guinée-Bissau, au Sénégal et en Gambie. Ils représentent le plus gros peuple de Guinée-Bissau, à savoir 25% de la population totale du pays. Cependant, leur organisation sociale leur a toujours permis de rester en dehors de l’état colonial et postcolonial. Les Balantes sont répartis en six sous-groupes : Balantes bravos, Balantes cunantes, balantas de dentro, Balantes de fora, Balantes manés et Balantes nagas.
Selon les archéologues, le peuple devenu les Balantes, aurait migré en petits groupes entre le Xe siècle et XIVe siècle après J.-C vers la Guinée-Bissau et s’y installer. Au XIXe siècle, ils se sont répandus dans tout le pays ainsi qu’au sud du Sénégal, afin de résister à l’expansion du Royaume du Gabou. Selon la tradition orale entre les Balantes,
ces derniers auraient migré vers l’ouest depuis les territoires qui sont aujourd’hui l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie, afin d’échapper à la sécheresse et aux guerres.

Aujourd’hui, on les retrouve principalement dans les régions du sud et du centre de Guinée-Bissau.
Ils sont majoritairement agriculteurs et éleveurs de bétail, principalement de porcs. Le peuple Balante est également présent en Angola.


• Les Floups

Les Floups forment un groupe ethnique, appartenant au sous-groupe des Diolas, composés de populations présentes au Sud de Casamance et São Domingos en Guinée-Bissau, plus précisément entre les fleuves Rio Casamance et Rio Cacheu.
En plus de la pêche, les Floups se consacrent à la culture du riz, du manioc et de la patate-douce.

• Les Mandingues

Les Mandingues (en mandingue : Mandinka) sont l’un des plus grands groupes ethniques d’Afrique Occidentale, regroupant environ 11 millions de mandingues. Ils sont descendants de l’Empire du Mali qui a accédé au pouvoir pendant le règne du grand roi mandingue Soundiata Keita. Les Mandingues font partie du plus grand groupe ethnolinguistique de l’Afrique Occidentale – les Mandés – qui regroupe plus de 20 millions d’individus (dont les diolas, les bozos et les bambaras). Originaires du Mali actuel, les mandingues ont proclamé leur indépendance au XIIIe siècle face aux empires précédents et ont créé un empire qui s’est répandu tout le long de l’Afrique Occidentale. Ils ont migré vers l’ouest à partir du fleuve Niger, à la recherche de meilleures terres agricoles et de nouvelles opportunités de conquête. Lors d’une longue série de conflits, contre les Peuls dans un premier temps (organisés par le royaume Fouta-Djalon), la moitié de la population mandingue s’est convertie de l’animisme à l’islamisme. Aujourd’hui, près de 99% des mandingues en Afrique sont musulmans, avec quelques petites communautés animistes et chrétiennes. Aux XVIe, XVIIe et XVIII siècles, près d’un tiers de la population mandingue a été déporté en Amérique pour le trafic d’esclaves après avoir été capturé à l’issue de conflits. La grande majorité des Afro-américains des États-Unis est descendante des mandingues.
Les mandingues sont principalement installés en Afrique Occidentale, notamment en Gambie, en Guinée, au Mali, à Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina-Faso, au Libéria, en Guinée-Bissau, au Niger, en Mauritanie, voire dans certaines petites communautés au Tchad, en Afrique Centrale. Bien que dispersés, ils ne forment le plus gros peuple dans aucun des pays où ils sont installés sauf en Gambie.

• Les Manjaques

Les Manjaques (les Manjaku en manjaque) sont une population vivant principalement dans les iles de Pecixe et Jata et au large des fleuves Cacheu et Geba, en Guinée-Bissau. Le nom signifie « je te dis ».
La langue manjaque est classée dans le groupe des langues sénégalo-guinéennes, qui sont une subdivision des langues atlantiques.

On retrouve d’importantes communautés de Manjaques au Sénégal, en France, en Gambie et dans les pays avoisinant la Guinée-Bissau.

• Les Nalus

Les Nalus sont une ethnie qui s’étend du sud du littoral de Guinée-Bissau (région de Tombali) au Nord de la Guinée et ils sont majoritairement musulmans. Récemment islamisés, en gardant quelques éléments de cette ethnie de la religion animiste. Le nalu, une langue sémitique. De forte corpulence, ils se consacrent principalement à l’agriculture et à la pêche.

• Les Papel

Les Papel sont une ethnie originaire de Guinée-Bissau. Ils représentent aujourd’hui 7% de la population guinéenne. L’ethnie est notamment connue pour l’ancien président de Guinée-Bissau, Nino Vieira dont il faisait partie. Leur langue est le papel.

Administrativement

La Guinée-Bissau est divisée en huit (8) régions – Bafatá, Biombo, Bolama, Cacheu, Gabu, Oio, Quinara et Tombali, ainsi que le Secteur Autonome de Bissau (SAB) et de trente-six (36) secteurs administratifs gérés administrativement par des gouverneurs. Les régions sont dirigées par les Gouverneurs Régionaux sous la tutelle du Ministère de l’Administration Territoriale.
Comme déjà indiqué, le territoire de Guinée-Bissau est hétérogène d’un point de vue des traditions et de la culture. La mentalité des habitants est enracinée dans les traditions ethniques et religieuses, parfois marquées de certains préjugés susceptibles d’être à l’origine de résistances radicales en cours de changement.

L’un des aspects les plus intéressants de la culture guinéenne est le mariage traditionnel qui, malgré les années, continue de résister à la modernisation de toutes les ethnies et régions du pays.
Les mariages demeurent un prétexte au regroupement de personnes et de banquets, accompagnés de chansons et danses traditionnelles et de boissons.
Bien que certains jeunes rejettent cette culture, le mariage traditionnel aussi bien monogame que polygame reste dans les moeurs de plusieurs ethnies du pays.
Cependant, plusieurs ethnies renoncent à de nombreux aspects traditionnels comme les mariages précoces (forcés). Le recul de ces traditions s’explique notamment par le style de vie de plus en plus urbain, impacté par la forte influence de la télévision, du cinéma et d’autres habitudes modernes comme la liberté et l’autonomie des jeunes qui décident dorénavant de contrôler leur vie, notamment lorsqu’il s’agit de fonder une famille. Ainsi, les parents, les proches et la communauté ont perdu petit à petit le droit de statuer sur le mariage des jeunes, bien que persiste encore dans certaines ethnies la coutume selon laquelle les parents choisissent les maris ou les 14 femmes pour leurs enfants.

Le mariage polygame existe encore et se définit comme l’union volontaire ou non entre un homme et deux ou plusieurs femmes cherchant à fonder une famille.
Une autre caractéristique fondamentale d’une culture est son lien étroit de dépendance et de réciprocité avec la réalité socio-économique du pays, le niveau de ses forces de production et le mode de production de la société

L’agriculture n’a cessé d’être le facteur principal et pionnier de l’économie des communautés ethniques de Guinée-Bissau, devenant l’activité fondamentale de la population guinéenne. Il est intéressant de souligner qu’elle demeure aujourd’hui pratiquée avec des outils traditionnels.

La musique constitue aussi un autre élément culturel, pas moins important, des sociétés africaines en général, et en particulier de la société guinéenne. Depuis toujours, elle occupe une place importante dans la culture de notre société, elle anime des moments de joie et de difficultés, pendant la guerre, durant les loisirs, pendant les cérémonies de mariage, les baptêmes, etc. Celui qui n’aime pas, n’a pas écouté le son de la Kóra ou du Balafon, pour ne pas mentionner d’autres instruments aussi intéressants pour leur forme que leur mode d’utilisation. Tout style musical propre à une société ou un groupe social permet de façon particulière de conjuguer à la fois rythme, mélodie, harmonie et paroles.

Les atouts et la richesse de la sculpture guinéenne sont connus depuis longtemps. Les objets sculptés en bois et en pierre sont d’une beauté extraordinaire. Dans certaines ethnies de Guinée-Bissau, les sculpteurs forment une classe et deviennent une spécialité. Chez les Peuls, les Loibés ont une parfaite maîtrise de la sculpture du bois et travaillent les objets les plus variés. L’art Bijagos est universellement reconnu. La sculpture du bois y est prédominante. De nombreux masques sont sculptés, ainsi que des statuettes, des décors de danse, des bateaux en miniature, etc.

Hôtels

Le pays compte un peu plus de 30 hôtels, dont les principaux sont :
Hotel Azalai (24 Septembre), Coimbra Hotel and Spa, Ancar, Ceiba Bissau, Lodge Ponta Anchaca, Ledger Hotel, Malaika, Hotel Imperio, Bubaque Island

La cuisine

Au niveau culinaire, la Guinée-Bissau va même jusqu’à importer ce que la nature a pu lui offrir. Le riz, par exemple, dont le pays abondait et qu’il exportait par le passé, provient aujourd’hui du Vietnam, de l’Inde ou du Brésil. On estime à 80 tonnes environ l’importation annuelle du riz, base de l’alimentation, de Guinée-Bissau.

Sans usine de production, ni opérateur de transformation des produits locaux, des biens de besoins primaires sont importés des pays voisins comme le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Conakry.
Cette situation entraine des problèmes et récemment, la Guinée-Bissau manquait de sucre. Ceci est dû à la hausse des droits de douane du Sénégal à la frontière de la Gambie, d’où sont exportés les produits vers la Guinée-Bissau.

La gastronomie guinéenne est riche et colorée, la cuisine a une caractéristique qui lui est propre. Effectivement, la cuisine en Guinée-Bissau a entretenu la santé et la vie des individus.
Un repas typique de Guinée-Bissau comprend de l’amidon, de la viande et beaucoup de matières grasses. Le foufou, une pâte d’amidon semi-solide, utilisé aussi bien pour la purée de pomme de terre que pour la polenta, est servi avec des soupes ou des ragouts, comme la soupe d’egusi. Le foufou est souvent réalisé à partir de tubercules comme l’igname, la pomme de terre douce de coco ou le manioc, mais également à partir de grains de céréales ou d’érable.

Les épices, comme les piments ou le chili, sont autre spécialité de la cuisine guinéenne. Le grain de poivre de Guinée, la Maniguette (Aframomum melegueta), également appelé la graine du paradis, est une plante que l’on retrouve en Afrique de l’Ouest, souvent utilisé dans la préparation de sauces traditionnelles. Aujourd’hui encore, la cuisine locale et les recettes de Guinée-Bissau demeurent enracinées dans la société et les traditions locales, avec des ingrédients comme le riz, les cacahuètes, les pois de Bambara, les pois d’Haoussa, la cornille (vigna unguiculata) entre autres.
On trouve aussi de la viande de porc et du poisson dans la cuisine guinéenne. Les céréales sont de plus en plus sollicitées et consommées le matin ou le soir. L’ingrédient de base est le cuscuz de mil, qui signifie couscous de maïs, plat traditionnel.

L’aliment le plus commun de Guinée-Bissau, que l’on trouve sur la côte ouest de l’Afrique, est le poisson frais, mais on y trouve également des fruits et légumes en abondance. La cuisine de Guinée-Bissau utilise une combinaison parfaite de fruits disponibles localement, de graines et légumes, de produits laitiers et à base de viande. Le lait, le lait caillé et le lactosérum sont prédominants dans la cuisine traditionnelle de Guinée-Bissau. Vous pouvez trouver du riz partout dans le pays. La cuisine exotique de Guinée-Bissau a une influence arabe, européenne et asiatique.

Les crises cycliques en Guinée-Bissau détériorent la situation économique
Sur le plan politique, la Guinée-Bissau a été touchée par plusieurs crises cycliques, des coups d’État et des chutes successives du gouvernement. Même pour résoudre de petits problèmes internes, le pays doit recourir à des médiateurs de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest), à la CPLP (Communauté des Pays de Langue Portugaise), aux Nations Unies et à l’Union Africaine. Jusqu’à présent, des quatre organisations, il ne manquait plus que l’appui de l’Union Africaine pour mettre fin à la crise politique actuelle du pays.
« Nous sommes un peu distraits en matière de développement. Et tant qu’il y aura des crises cycliques, nous n’arriverons pas à nous concentrer.
Il y a six mois, les Nations Unies ont souligné le besoin d’instaurer la stabilité en Guinée-Bissau afin de « créer un environnement propice au bon développement du pays ».

En 2014, lors d’une table ronde à Bruxelles, la Guinée-Bissau a reçu plusieurs promesses de soutien pour des projets de développement d’une valeur dépassant un milliard d’euros. Le pays dépend de cet argent. C’est pourquoi, on espère qu’il soit possible de trouver une solution.

Culture

L’héritage culturel de Guinée-Bissau est très riche et diversifié si l’on prend en compte la trentaine d’ethnies présentes sur le territoire. Cette culture, qui varie de peuple en peuple, dépasse les différences linguistiques, la danse, l’expression artistique, la profession, la tradition musicale ainsi que les manifestations culturelles. La danse et la musique sont caractéristiques à chaque ethnie. Dans le jour à jour, les manifestations culturelles peuvent avoir lieu pendant la cueillette, les mariages, les funérailles, les cérémonies d’initiation. Cependant, la diversité converge vers la culture créole, dialecte qui réunit les membres des différentes ethnies.

En ville, on retrouve le Gumbe guinéen. Le carnaval est très important et est célébré de façon particulière : en plus des masques, les guinéens mettent en avant des tenues traditionnelles propres à chaque ethnie du pays. Ce carnaval est très original et constitue l’une des plus grandes manifestations culturelles du pays.
La culture du pays se reflète également dans l’art bijagos, peuls, mandingue, nalu, vannerie, poterie, tissage et autres.

Bibliographie
• Cabral, Amilcar 1972, Construção da Sociedade Nova
• Pinto, Paula 1999, Tradição e Modernidade na Guiné-Bissau
• MIC4, 2010 Compte-rendu
• INEC, 2009 III, Recensement Général de la Population
• Gouvernement de Guinée-Bissau  Tourisme en Guinée-Bissau